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Beau Muguet

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Le muguet à travers les âges

Avant de devenir le porte-bonheur du 1er mai, le muguet a été un remède, un symbole religieux et même un surnom pour les jeunes gens trop parfumés.

Tableau d’Emma Augusta Løffler : bouquet de muguet et fleurs de pommier dans un vase de verre
Emma Augusta Løffler (1843-1929), domaine public

Une plante des sous-bois d’Europe

Le muguet n’est pas venu d’ailleurs : il pousse naturellement dans les forêts tempérées d’Europe et d’Asie depuis bien avant l’agriculture. On lit parfois qu’il serait originaire du Japon ; c’est une erreur, même si une forme proche y pousse aussi.

Partout où il pousse, il annonce la fin de l’hiver. Son nom latin, majalis, « de mai », le rattache à ce mois du renouveau.

Un remède pour le cœur

Dès la Renaissance, les herbiers européens décrivent le muguet comme une plante médicinale. On lui prête de nombreuses vertus, mais c’est surtout son action sur le cœur que les médecins retiennent : il entre dans la pharmacopée officielle comme tonique cardiaque, avant d’être remplacé par des médicaments mieux dosés. En France, on l’a utilisé jusque dans les années 1970. Cette efficacité a son revers : la plante est toxique.

Une fleur de la Vierge

Au Moyen Âge, sa blancheur et son parfum en font un symbole de pureté. Le muguet est associé à la Vierge Marie : une légende raconte qu’il serait né de ses larmes au pied de la croix, d’où l’un de ses noms anglais, Our Lady’s tears. On le voit fleurir au premier plan de tableaux religieux.

Les « muguets » de la Renaissance

Au XVIᵉ siècle, le mot « muguet » désigne aussi un jeune homme élégant et coquet, qui se parfume au musc, la mugue en ancien français, d’où vient le nom de la fleur. « Mugueter », c’était faire le galant. Le mot a survécu dans les dictionnaires jusqu’au XIXᵉ siècle.

Le langage des fleurs

Au XIXᵉ siècle, la mode du langage des fleurs attribue à chaque plante un message. Le muguet y signifie le retour du bonheur. C’est aussi l’époque où il entre dans les jardins bourgeois et dans les bouquets de mariée.

Le porte-bonheur du 1er mai

Au début du XXᵉ siècle, le muguet devient un porte-bonheur que l’on s’offre au printemps, puis la fleur du 1er mai. Sa culture se développe alors autour de Nantes, à partir des années 1920. Toute l’histoire de cette tradition, ses légendes et ses vérités, est racontée sur la page le muguet du 1er mai.

Gravure de l’Encyclopædia Britannica (1911).
Gravure de l’Encyclopædia Britannica (1911).Encyclopædia Britannica, 1911, domaine public
Le muguet parmi les plantes médicinales de Köhler (1887).
Le muguet parmi les plantes médicinales de Köhler (1887).Franz Eugen Köhler, Köhler’s Medizinal-Pflanzen, 1887, domaine public

À lire aussi

  1. Le 1er mai

    Qui peut vendre du muguet dans la rue, d’où vient la tradition, et pourquoi 85 % des brins viennent de la région nantaise.

  2. Anecdotes

    Le porte-bonheur de Dior, un parfum impossible à extraire, les noces de muguet et les bouquets royaux.

  3. Toxicité

    Feuilles, fleurs, baies rouges et même l’eau du vase : ce qu’il faut savoir avec des enfants ou des animaux.

Sources