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Beau Muguet

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Le muguet du 1er mai

Chaque année, des dizaines de millions de brins changent de mains en une seule journée. Derrière la tradition, beaucoup de légendes, une règle de vente bien particulière et une région qui produit presque tout.

Brin de muguet aux clochettes blanches sur fond vert
Photo Agnes Monkelbaan, CC BY-SA 4.0

Une tradition plus jeune qu’on ne le dit

On lit partout que le roi Charles IX aurait reçu un brin de muguet en 1560, puis en aurait offert aux dames de sa cour chaque 1er mai à partir de 1561. L’histoire est charmante, mais aucune source d’époque ne la confirme, et le roi n’avait alors que dix ans. Quant aux Celtes qui auraient fêté le muguet, c’est une légende sans fondement : les textes anciens ne parlent presque pas de fleurs.

Ce que l’on sait de façon sûre est plus récent. Au début du XXᵉ siècle, la presse parisienne présente le muguet comme un porte-bonheur que l’on s’offre au printemps, une mode à laquelle le chanteur Félix Mayol, qui en portait toujours un brin à la boutonnière, a beaucoup contribué. Le muguet devient peu à peu la fleur du 1er mai.

Le muguet et la fête du Travail

Le 1er mai est d’abord une journée de revendication ouvrière. Le 1er mai 1886, aux États-Unis, des centaines de milliers de travailleurs font grève pour obtenir la journée de huit heures. En 1889, l’Internationale socialiste réunie à Paris fait du 1er mai une journée de manifestation dans le monde entier. Les manifestants français portent alors un triangle rouge, symbole des « trois huit » (huit heures de travail, huit heures de sommeil, huit heures de loisirs), puis une églantine rouge.

Le muguet du porte-bonheur et le 1er mai des travailleurs se rejoignent dans l’entre-deux-guerres. En 1941, le régime de Vichy fait du 1er mai la « fête du Travail et de la Concorde sociale », un jour chômé. À la Libération, en 1947, le 1er mai devient un jour férié, chômé et payé. L’églantine a disparu des boutonnières ; le muguet est resté.

Vendre du muguet dans la rue

Le 1er mai, une tolérance permet aux particuliers et aux associations de vendre du muguet sur la voie publique, sans autorisation de commerce. C’est une exception : le reste de l’année, la vente sur la voie publique est interdite sans autorisation, et passible d’une amende.

Cette tolérance a des limites, fixées par chaque commune. Les conditions habituelles :

  • seul du muguet peut être vendu, sans autre fleur ni plante ;
  • de préférence du muguet cueilli, en brins, sans racines ;
  • sans emballage élaboré ni panier garni, et sans installation fixe (ni table, ni tréteaux) ;
  • à une certaine distance des fleuristes, souvent 40 à 50 mètres.

Renseignez-vous auprès de votre mairie avant de vous installer : beaucoup de communes fixent les règles par arrêté municipal, et certaines limitent ou interdisent cette vente. Et si vous cueillez votre muguet en forêt, faites-le avec modération, sans arracher les rhizomes, et jamais sur une propriété privée sans accord.

La région nantaise, capitale du muguet

Le bassin nantais produit environ 85 % du muguet vendu en France, en brins et en pots, et même 95 % des brins coupés. Le reste vient surtout de la région bordelaise. Une poignée de producteurs y cultive chaque année plusieurs dizaines de millions de brins.

Cette culture a commencé autour de Nantes dans les années 1920 et s’est développée après la Seconde Guerre mondiale. C’est une culture exigeante :

  • un champ de muguet ne donne ses premières récoltes qu’à partir de la troisième année ;
  • tout se joue sur quelques jours : si le printemps est précoce, on place les plants dans le noir pour freiner la floraison ; s’il est tardif, on les couvre de tunnels pour la hâter ;
  • les brins sont cueillis à la main, par des milliers de saisonniers, dans les jours qui précèdent le 1er mai.

La vente dans la rue par les particuliers ne représente qu’une petite part du total, autour de 7 % : l’essentiel passe par les fleuristes, les jardineries et la grande distribution.

Muguet en culture au printemps, ici à Sandhausen, en Allemagne.
Muguet en culture au printemps, ici à Sandhausen, en Allemagne.Photo Polibil, CC BY-SA 4.0

À lire aussi

  1. L’histoire

    Remède de cœur, fleur de la Vierge, porte-bonheur : comment le muguet est devenu la fleur du 1er mai.

  2. Conseils

    Diviser une touffe, cultiver en pot, faire durer un bouquet et l’avoir en fleur pour le 1er mai.

  3. Questions fréquentes

    Pourquoi il ne fleurit pas, peut-on le cueillir en forêt, que faire d’un pot après le 1er mai.

Sources